Jan 01, 2019

Trek du Donjek - Partie 3

Le trek du Donjek n’est pas seulement une aventure sportive, c’est également une randonnée où on apprend à lire le terrain, à repérer le passage du temps sur les montagnes et à comprendre les phénomènes géomorphologiques associés aux glaciers. En effet, pour ceux que cela amuse, comprendre ce qui se passe entre le glacier et la moraine terminale est un vrai défi. Au cours de nos passage régulier à cet endroit, la zone terminale du glacier n’était jamais dans le même état : parfois un lac couvrait toute la zone, parfois qu’à moitié, d’autre fois le lac avait complétement disparu et avait laissé place à une rivière qui semblait creuser la glace enfouie sous le gravier qui constituait le fond du lac… Deux lits de rivières sortant du lac terminal sont visibles, et l’un est environ 15 mètres plus haut que l’autre et nous avons déjà vu les deux rivières couler, par alternance.

Afin de mieux comprendre ce qu’il se passe, nous avons échangé avec une équipe de glaciologue ayant travaillé sur le Donjek et leur avons transmis nos observations et photos. Eux-mêmes ne savaient pas qu’il y avait de la glace présente sur le fond du lac terminal… Bref, tout cela est très intéressant et apporte un côté éducatif non négligeable à cette aventure !

Le glacier Donjek vu des hauteurs

Le lac aux eaux bleues turquoises

Lumières de fin de journée

Dec 18, 2018

Trek du Donjek - Partie 2

Le passage du col Hoge s’est fait sans encombre car la météo était plus clémente que l’année précédente où le col était complétement envahi par le brouillard. Juste avant de piquer vers Hoge Creek, sur les hauteurs du col, nous avons croisé le chemin de 3 beaux mouflons de Dall qui ont pris le même passage que nous pour descendre… signe que ce passage est le bon !

En redescendant du col, nous n’avions le plaisir de voir les montagnes du cœur du parc de Kluane que par intermittance, les nuages s’installaient dans la vallée. Mais le soir, après rejoint l’immense vallée de la rivière Donjek, était enfin complétement dégagé et nous avons profité des derniers rayons de soleil pour faire sêcher toutes nos affaires humides.

Le lendemain nous avons parcouru une dizaine de kilomètre en parallèle de la rivière Donjek jusqu’à rejoindre le glacier lui-même. Mais, dans le dernier kilomètre nous avons croisé un ours, tapis dans les fourrés. C’est même étonnant que nous l’ayons car il était couché dans son buisson de baie à une cinquantaine de mètres de nous. Il nous fixait, ne bougeait pas mais nous avons vite compris qu’il valait mieux faire le tour. C’est ce que nous avons fait, nous lui avons parlé calmement et avons contourné la zone.

Le battement de nos cœurs venait tout juste de redescendre à la normale lorsque nous avons aperçu, proche du glacier, une ourse avec ses 3 jeunes. Heureusement, le vent portait nos odeurs et nos bruits au loin des ours et ils ne se sont aperçus de notre présence qu’une fois à bonne distance. C’était superbe de les voir évoluer tous les 4, paisiblement à la recherche de baies à croquer.

Nous avons campé à environ 800mètres de là, face au glacier. Le lac terminal, chargé d’iceberg était tellement beau que nous n’avons pas résisté à la baignade ! C’était la première qu’un groupe Terre Boréale finissait dans l’eau devant le Donjek, et on espère que ce ne sera pas la dernière !

 

Les mouflons nous indiquant le chemin sur le col Hoge

La vue depuis le col Hoge

En redscendant Hoge Creek

Maman ours et ses trois petits

Notre petite baignage dans l'eau fraîche du glacier

Dec 04, 2018

Trek du Donjek - Partie 1

Nous étions 3 cette année (Max et 2 clients) sur la route du glacier Donjek en début août. Nous ne nous connaissions pas, avec tous les trois des vies très différentes en France, au Québec ou au Yukon, mais très vite la glace s’est brisée et nous sommes devenu plus que trois étrangers. Et heureusement car dès le premier soir il nous a fallu travailler ensemble, rapidement, afin de monter notre camp à temps pour éviter la pluie. Nous étions sur les hauteurs des Burwash Uplands, et le lendemain pas moins de 6 kilomètres de toundra nous attendais. La pluie n’allait pas arranger ce terrain déjà difficile à négocier par temps sec.

La pluie est tombée sans interruption toute la nuit et toute la matinée du lendemain. Un petit vent frais nous forçait à maintenir notre allure pour ne pas nous refroidir. Nous avons finalement traversé la toundra sans problème, mais le repas chaud du midi a été salvateur! La pluie s’est alors arrêtée et les nuages se sont un peu levés. Nous arrivions au pied du col Hoge, à tout juste 1 kilomètre du camp quand nous avons aperçu sur le versant d’en face un loup. Ce loup noir fut notre récompense pour avoir bravé les éléments une bonne partie de la journée.

Le soir au camp, nous avons pu observer les mouflons de Dall qui étaient partout autour de nous, avec une météo de plus en plus clémente !

Sur la vieille piste minière

Au détour de la piste, notre première rencontre du séjour

Les mouflons de Dall, au-dessus du camp

 

Sep 25, 2018

Descente de la rivière Big Salmon - Partie 3

Nous avons maintenant 6 jours pour rejoindre Little Salmon village sur les bords de la Yukon River. Rapides, observation de la faune sauvage, magnifiques campements et bon repas sont au planning !

La Big Salmon, un paradis pour les amoureux de la faune et de la vie en pleine nature….

Notre première journée sur la rivière est majoritairement passée à esquiver les log jams (amas de troncs d’arbres qui obstruent la rivière) et sweepers (arbres couché au-dessus ou dans la rivière, toujours enraciné sur la rive et qui bloquent le passage) qui sont nombreux sur cette portion. Cela faisait longtemps que nous n’avions manœuvré ainsi à la pagaie et prenons plaisir à naviguer dans cette petite rivière pleine de surprise ! Nous descendons du canoë à deux reprises pour aller repérer notre passage au milieu des arbres morts. Quelqu’un à parfois tronçonné des troncs pour laisser un passage d’eau libre. Ouf ! Sinon ça veut faire un portage par-dessus le log jam : décharger le canoë, porter toutes nos affaires, porter le canoë puis tout recharger avant de pouvoir poursuivre notre chemin.

La carte indique plusieurs endroits avec de potentiels portages, mais la chance est avec nous, aucun d’est nécessaire !

La chance est avec nous également au niveau de la faune. Le premier orignal que nous observons est au milieu de la rivière (qui fait à cet endroit-là environ 20m de large). Dès qu’il nous voit, il se fige sur place, et nous regarde descendre la rivière qui nous emporte qu’on le veuille ou non vers lui. Nous nous observons mutuellement jusqu’au moment où il ne tient plus, alors que nous sommes à 20m de lui, et qu’il fuit en courant vers la rive puis sous le couvert de la forêt. Ce jeune mâle ne sera que le premier des 8 orignaux que nous observerons sur la rivière.

Après avoir passé la zone la plus encombrée de la rivière, la descente devient un mélange de zones aux courants accélérés qui traversent les bancs de galets et offrent de belles vues sur les montagnes alentours et des zones plus lentes avec de beaux méandres entourés de forêts aux magnifiques sous-bois. C’est dans la première de ces zones, le deuxième jour, que nous observons un couple de balbuzard pécheur (Pandion haliaetus) qui nous fuient dès que nous nous approchons d’eux. Les méandres infinis nous ramènent à plusieurs reprises sur eux et nous offrent de très belles observations, même si la pluie nous empêche de prendre des photos.

Tous les soirs nous choisissons notre camp, vue sur la rivière obligatoire, et cuisinons les plats que nous avons l’habitude de préparer sur nos descentes de la Yukon River avec nos clients. Eh oui, même sans clients on ne se laisse pas aller chez Terre Boréale !

Quand vous partez sur une rivière réputée pour être riche en faune, vos attentes sont hautes bien entendu. Nous n’avons pas été déçus ! En plus des orignaux (dont deux femelles avec leurs jeunes), nous avons observé 4 lynx dont un qui traversait la rivière à la nage, un ours noir, des mouflons, des castors, des canards en tous genres souvent accompagnés de leurs ribambelles de jeunes canetons !

Un voyage au Yukon comme on les aime, simple, magnifique et remplis de belles observations !

Les nombreux troncs qui rendent la première partie de la descente sportive

Le jeune élan qui a tenue cette position pendant presque 1 minute avant de prendre la fuite

Soirée ensoleillée

À la dérive sur la Big Salmon

Un des lynx que nous avons croisé lors de notre descente

Le petit-déjeuner le repas le plus important de la journée !

Sep 11, 2018

Descente de la rivière Big Salmon - Partie 2

 

Vous vous imaginez bien qu’après être allés se coucher à 3h notre réveil n’a pas été très matinal. Mais peu importe, les journées au Yukon sont longues en été et a priori notre descente en canoë ne devrait pas être trop longue aujourd’hui.

De Quiet Lake à l’embouchure de la Big Salmon en passant par Sandy Lake et Big Salmon Lake

Nous quittons notre premier campement sur les bords de Quiet Lake vers midi, laissant Simon qui rentrera seul à Whitehorse après une journée de pêche sur le lac. Dès le départ nous sommes enjoués par la largeur de la rivière, en effet nous sommes habitués à la Yukon River qui est très large dès le départ. Ici, en trois coups de pagaie on passe d’une rive à l’autre. Nous pouvons facilement observer les deux berges en même temps ! Deux lacs nous séparent encore de la longue partie ininterrompue de la Big Salmon River.

La météo n’est pas terrible il faut le dire et nous espérons que les lacs ne seront pas trop agités pour traverser tranquillement… Sandy Lake est petit et se traverse sans encombre, Big Salmon Lake lui, est un plus grand et de grosses averses nous entourent, le vent est fort mais souffle presque dans le bon sens. Nous passons une pointe de terre qui s’avance dans le lac, nous forçant à prendre le vent en latéral. Les vagues tapent le flanc du canoë et, avec notre lourd chargement, nous embarquons de l’eau.  Heureusement, cette pointe nous offre un parfait abri contre le vent, et un vieil épicéa nous offre un toit contre la pluie. Nous décidons donc de nous abriter pour pique-niquer avant de nous lancer dans la dernière partie de la traversée du lac.  

La météo se fait un peu plus clémente lors de notre arrivée au bout du lac, mais l’embouchure de la Big Salmon River se cache… elle est pourtant là, juste devant nous d’après la carte, mais il faut vraiment s’en approcher, presque à voir le courant avancer, avant de discerner la rivière dans les hautes herbes. La forêt qui nous entoure à présent nous protège du vent, mais la pluie se remet à tomber. Mais ce n’est pas grave, nous sommes bien équipés et savons qu’en quelques minutes nous aurons un bon feu au camp ce soir !

C’est officiellement le début de notre aventure en canoë sur la Big Salmon River !

Prêts à quitter notre campement sur le bord de Quiet Lake

Quelques minutes après avoir quitté Quiet Lake

Traversée de Sandy Lake

Sur Big Salmon Lake, la météo n'est vraiment pas top !

Nous voilà sur la Big Salmon, on aperçoit BIg Salmon Lake au fond !

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