Lorsque je suis arrivée à Whitehorse, c’était le 12 janvier 2012. Alors qu’à peine 24h avant, je profitais du soleil et de +30 °C au Laos… et me voilà plongée dans -30 °C. Le choc était total ! Heureusement, Max m’attendait à l’aéroport avec une paire de moufles en castor faites à la main — un cadeau magnifique, pratique et absolument indispensable pour survivre à l’hiver yukonnais.
Pendant mon vol avec Air North entre Vancouver et Whitehorse, je me souviens avoir regardé par le hublot régulièrement… et ne rien voir. L’obscurité s’étendait presque sur tout le vol de 2,5 heures. Pas une lumière, pas une ville, rien que la nuit sans fin. Les aurores boréales n’ont même pas voulu se montrer ce jour-là. Ce n’est qu’au tout dernier moment, en approchant de Whitehorse, que de petits points lumineux sont apparus, indiquant que la vie existait malgré la solitude apparente. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais découvrir… mais je savais déjà que ce serait très différent de tout ce que j’avais connu auparavant.
La réalité de l’hiver au Yukon
Le premier défi est évidemment la température. Ça n’est pas juste “froid”, c’est le genre de froid qui vous gèle les poils de nez dès que vous mettez un pied dehors. Au début, c’était presque désagréable. J’ai vite compris que pour profiter de l’hiver au Yukon et pas seulement survivre il faut une garde-robe adaptée. La superposition de couche est essentielle, et bien entendu vous ne vous habillez pas de la même manière pour observer les aurores, que pour faire du ski ou du kicksled, ce qui complexifie la tâche! J’ai tendance à lever les yeux au ciel quand ma mère me demande comment elle doit s’habiller à chaque sortie lors de ses visites chez nous en hiver. Mais soyons honnêtes, même après plus de dix ans ici, il m’arrive encore de trop me couvrir… ou pas assez ! Un conseil, si vous n’êtes pas sûr de votre tenue, prenez une épaisseur en plus!
Puis il y a l’obscurité. En décembre et janvier, le soleil peine à passer au-dessus de l’horizon et nous n’avons que quelques heures de lumière par jour. Cette absence de soleil peut affecter le moral. Beaucoup de Yukonnais commencent à doubler leur dose de vitamine D dès octobre pour booster leur système immunitaire. Ces petites habitudes sont essentielles : elles vous motivent à sortir, respirer l’air frais et profiter de ces rayons précieux.
Trouver la beauté dans l’obscurité
Avec les années, j’ai appris à chérir ces moments fugaces de lumière. La lumière hivernale au Yukon est unique : des tons roses et bleus, des ombres longues et profondes qui s’étendent sur les rivières gelées et les forêts enneigées. Chaque courte promenade devient une séance photo, c’est comme marcher dans un lever de soleil permanent.
Et puis il y a les aurores boréales. Même si mon premier vol ne m’en avait pas offert, vivre à Whitehorse signifie que lorsque le ciel est dégagé, il peut soudainement s’illuminer de vagues vertes et violettes. Lorsque les aurores dansent au-dessus d’un paysage enneigé, le monde semble vivant, vibrant, en mouvement.
Une saison à vivre
Pour moi, l’hiver est devenu un moment de petits rituels, de beauté discrète et de contemplation. Les rivières gelées, le doux éclat du lever de soleil, le silence des forêts enneigées et les aurores qui dansent dans le ciel… ce sont des souvenirs que l’on garde bien après la fin de la saison.
Si vous vous retrouvez au Yukon pendant les mois les plus froids, mon conseil est simple : habillez-vous chaudement, sortez chaque jour et acceptez les extrêmes. Les journées sont courtes, le froid réel… mais la beauté ? La beauté est unique au monde.




